Jeudi 4 septembre '08

Jeudi 4 septembre '08
Je m'accoude à ma réalité, les yeux bandés par ma rationalité pathétique. Je crois qu'on est tous, chacun, en quête d'une Chose, absolue ou relative, un idéal ou bien un désir minimaliste. Je crois que c'est pour cela qu'on voyage, pour cela qu'on ouvre un livre, qu'on va parler à un inconnu, qu'on allume sa télé, ou qu'on sort dans la rue. Nous sommes en quête, ou en attente. Attente passive ou espoir furieux, que l'improbable traverse soudainement notre matrice si continue, si machinale. Car même si on peut redouter, voir fuir l'inédit, c'est d'évidence que c'est ce qui nous procure ce plaisir si bouillant qui nous persuade à vivre.
Tout me semble si complexe, les relations si ambiguës, les événements si profond et lourd de conséquences.
Fous, analphabètes, poètes, on s'en fout, au fond on crève tout aussi facilement. Et j'ai vu l'aube éditer sur ton front l'accalmie d'la bêtise.
Et même si on mutile, inéluctablement, nos corps d'aiguilles de fumée, on est infecté les uns les autres par le désir de sourire malgré tout.
On est si vaniteux...On aurait tellement voulu croire comprendre, qu'on se créée nos fantasmagories en papier mâché. On se fond, se confond aux creux du nid rassurant de notre relativisme absolu. À tout intellectualiser, on ne trouve plus de saveur à rien. On dépigmente l'azur de notre ciel. On ôte les notes de notre pouls-piano, unes par unes. Aseptise notre crasse naturelle. Mais notre cocon cérébral demeure un foutoir, un bouquet d'alchimie.
La mémoire épidermique me révolutionne. Et si Dieu n'était qu'une simple équation de science quantique ? Si la gravité s'inversait ? Si nos cerveaux étaient finalement des univers parsemés de galaxies et de trous noirs, absorbant chaque synapses évasives ? Si notre karma résidait en notre projection stellaire, j'veux qu'Orion soit sur mon orbite. Si l'inclinaison du monde est droite, j'veux être une courbe aléatoire, tourbillonnante tout autour. Je crois qu'on est tous, chacun, en quête d'une Chose, absolue ou relative, un idéal ou bien un désir minimaliste. Je crois que c'est pour cela qu'on voyage, pour cela qu'on ouvre un livre, qu'on va parler à un inconnu, qu'on allume sa télé, ou qu'on sort dans la rue.



Fin du journal

# Posté le jeudi 04 septembre 2008 12:02

Modifié le samedi 06 septembre 2008 05:20

Bella ciao

Bella ciao
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J'me fout du chaos,
mon ossature est faite de mots.

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photo d'elle.

# Posté le mardi 15 juillet 2008 15:31

Modifié le jeudi 28 août 2008 17:09

Jour entre les jours

Jour entre les jours
Je ne veux plus écrire cette réalité saturée. J'veux juste poétiser mes heures, enfin étouffer cette douleur invisible. Au fond, je suis comme toi, je tends à l'équilibre. Accepter ses propres contradictions, ces paradoxes qui te rendent si désinvolte à 15 ans, amer à 18 et fier à 20. Malgré tout, la pulpe de mon monde, tu ne l'aura jamais pressé de tes phalanges. Tu n'arriveras jamais à présumer me résumer, même avec toutes tes images, tout tes profils psychologiques. Je ne rentre pas dans tes critères, aucun d'tes raisonnements me percent réellement à jour, je ne suis pas là, je suis juste tapis dans l'angle mort de ta perception des choses. Et tu sais pourquoi ? Parce que je suis le caméléon schizophrénique. Je m'adapte à mon environnement. Tu me dis oui, je te dirai non, avec poids et arguments. Tu me dis non, je te dirais oui, avec passion et élan. J'suis pas plus brillant que toi, ni plus cultivé, juste plus illuminé. J'ai flirté avec la folie, et je connais l'abysse de sa salive, je sais quels goûts ont ses lèvres, son souffle et sa langue. Après ce dîner avec soi-même, j'peux t'affirmer avec déraison que la raison est tout ce qui a de plus relatif. Après avoir dégueuler la surface futile comme on accouche d'un mort-né, je m'en amuse et en joue à présent avec malice et vice. Après tout, c'est parce que j'aime trop l'image, que cet univers tout autour de moi est bien trop décevant pour l'accepter tel quel. Mais la caricature de l'idéal est aisé. Et je sais bien que c'est pas par l'oral que j'arriverai à les défaire ces putains de n½uds, dans lesquels votre regard m'a scellé. Le verbe a de plus fort que la verve, cette liberté d'interprétation, due à l'absence de retour concret. T'y liras ce que ton esprit voudra voir, pourra voir, aimera voir. Certains s'arrêteront à mon style, d'autres iront toucher le mur de mes thèses déjà tant usités.
J'aime de l'enfant, son infinie imagination. J'aime de l'adolescent, son infini esprit critique. J'aime de l'ancien, son infinie sagesse. Et j'aime cette infinie magie qui nous fait porter tout ça en toi et moi.
Tu me Je la gueule, tu sais. Et si j'avais su que tu boxerais mes gènes comme ça, avec cette violente vérité, j'aurai fui plus tôt ma condition, pour m'éviter de recoudre une arcade d'artères crevées. Putain j'ai été pathétiquement amoureux tu sais, tu sais j'aurai fais l'apologie d'un excrément pour esquisser sur ta frimousse un sourire filé. Mais j'ai préféré à la place fourrer mon nez dans la mousse de ma bière salvatrice, l'alcool comme alternative, désagréable sur le plan sensoriel. Ou agréable ? Merde, je sais plus. Putain j'ai plus rien su, quand les seringues dans tes veines t'ont défloré vers la mort, là, sur ton bout de trottoir crade, toutes mes certitudes, toutes mes croyances, je savais plus rien, j'avais plus rien, plus que quelques perles de noirceur dans le bide. Et les souvenirs mornes d'une enfance d'éclopé, émergeant au c½ur de mes insomnies, pourquoi j'ai tant manqué de courage ? Pourquoi à 10 ans, les mots font plus mal que les coups ? Un jour, je te tuerai, je le tuerai ce putain de sheitan stupidement violent. T'as cru que tu pourrais salir, souiller deux enfances sans jamais en payer le prix cher, le prix de notre vie, mais tu t'es trompé, un jour, un jour j'te tuerai. Un jour tu paieras. Alors j'aurai plus besoin de ma haineuse rage, pour rendre mes nuits furieuses. Comme si tu cristallisais à toi-seul toute ma peine, toute mon incompréhension, mais tu n'auras pas ma pitié, tu n'auras pas ma compassion, tu n'auras pas mon pardon, tu n'auras pas mon salut, tu n'es rien d'autre qu'un insecte qui m'a piqué petit, mais le petit est devenu grand, mais toi insecte tu es resté. Je ne suis pas assez naïf ni con, pour t'écraser sous les lumières, ta mort sera longue et douloureuse, comme le châtiment que tu nous fait vivre. J'ai pas oublié l'humiliation, j'ai pas oublié l'injustice, j'ai pas oublié cette sensation dans mon ventre, celle d'être déjà mort enfant, je suis pas assez con pour finir en prison, je ne m'en féliciterais pas, je ne m'en réjouirais pas, je ne m'en étalerais pas, personne saura, juste toi et moi. Tu sauras que je ne suis pas un simple gosse que t'aura blessé à son envol. Ma vengeance mégalomane est certainement un rabaissement primaire de soi, j'y vois pour ma part une rédemption inexorable, une jouissance triste, un devoir qui me ronge.

J'oscille entre théorie et pratique, mais je sais que ma théorie je la pratique. Même si tu ne vois rien aujourd'hui, demain tu verras, demain tu verras.

# Posté le dimanche 13 juillet 2008 13:00

Modifié le mardi 15 juillet 2008 08:43

Jeudi 10 juillet

Jeudi 10 juillet
C½ur rachitique, malingre, anorexique. Arraches-moi, dégrafes-moi cette bile, ce venin, cette peine. C½ur autiste. Greffes-moi, épouses mon corps. Regardes autour de toi. Toutes tes larmes, tout ces gens, et puis ce monde opaque, ces lambeaux de mouchoirs. Puis les cumulus, la valse des orages, et cette peau qui s'élance, douce, imperméable. Écoutes : Ne me suis pas, je suis un chasseur d'âme. Offres-moi la tienne, et tu ne décolleras jamais de ce tarmac éveillé. Je suis l'attrape-c½ur, l'attrape-rêve, confiné, tapis entre chaque bande d'images, je suis le message subliminal. Je virgule ta pensée pour y mettre un point final. Je vampirise les soleils de ta pupille, rien, plus rien n'existe là, entre toi et moi, entre la note que je joue et le piano de ton pouls. Malgré tout, je suis tout aussi bon que mauvais. Et j'aimerai, sincèrement, intimement, j'aimerai noircir mes mots pour en briser la naïveté, et me délester enfin de cette futilité infantile dont je découle. Mais rien à y faire, j'éloge l'humain. J'idéalise. Je métaphore l'inconsistance de notre esprit volatile, et cette beauté charnelle mais versatile, ami, je t'en libère, je te libère de notre prison, cette geôle rassurante. Moi, je m'en vais croquer l'océan, des molécules d'écume plein les dents. Poète virtuel, analphabète de ta réalité, j'ai noué à ma bouche, lié à ma salive, un goût d'aventure, un parfum d'onirisme, une saveur d'ailleurs. Et je prie pour que j'en crèves, pour qu'enfin j'y crèves.
C½ur amnésique. J'écris au bic le long de ta colonne vertébrale , j'y grave «Audaces fortuna jubat». Ta langue comme arme, c½ur parachute. Allez, effaçons-nous de nos hippocampes respectifs. Ton odeur m'est amoureusement insupportable. Putain est-ce comme ça que ça se finit ? Pour notre alchimie d'épidermes vifs et de sentiments exacerbés, c'est con. Con, qu'on ne regarde que trop tard en arrière, avec lucidité et .. Puis merde, ta rousseur je l'effacerais bien un jour de ma mémoire, je me refuse à céder à l'apitoiement romantique. C½ur camé, cramé, cané. C'est cyclique, freudien, ½dipien, tout ce que tu veux, ce que je sais, je m'auto-persuade de le savoir. Et je sais que toi aussi tu le sais. Que toi aussi tu le fais. Alors on fourre tout, discrètement, aux fonds de nos chiottes introspectives. C½ur menteur, c½ur girouette, paumé, affabulateur. Je suis la sirène de ta conscience, je te dis sautes du vide, parce que le vide est salvateur, dans le vide on trouve tout, on trouve de tout, vertiges-toi, bancales-toi, je suis le néant qui te fredonne un air d'évasion, un vol aller sans aucun retour possible.
C½ur dyslexique. Et non cerveau végétarien. Vouloir une vie purement saine, c'est comme essayer de craquer une allumette sous l'eau, aussi ridicule que vain. Je suis le café, je suis la fumée, je suis le cancer, je suis le coup de soleil, je suis la tumeur qui croit sous ta lecture, le virus qui se déploie sous ton souffle. Et depuis que j'ai perdu le sens de ce tourbillon de papier, j'ai le verbe qui tangue, la syntaxe qui vacille, l'emphase qui tremble. C½ur d'encre, si fragile et puissant à la fois.
Si 3 est l'Univers, 2 la Terre, et 1 l'Homme, qu'en serait la somme, que serait 6 ? Selon moi, 6 serait le c½ur, car en nos c½urs nous portons 3, 2 et 1. C½ur Univers, universel. C½ur Terre, élémentaire. C½ur Homme, définitivement humain.

# Posté le mercredi 09 juillet 2008 19:53

Modifié le mercredi 09 juillet 2008 20:04

Mardi 8 juillet

Mardi 8 juillet
Je pratique l'art de se faire passer pour un autre. Se camoufler de mimiques machinales, se maquiller de sourires factices, se travestir de regards trompeurs, la comédie humaine se décrypte si aisément quand on veut réellement la voir, c'en est troublant. Je suis le prestigitateur de la société, le grand menteur, celui qui vous vend du rêve sous cellophane, de l'encéphale en discount. Toi aussi? Parfait, on va pouvoir former un binôme, puis un cercle, enfin : une organisation, on l'appellera l'ONU, ou bien l'OMC, c'est pas mal ça l'OMC, c'est bien mieux même. Et on clouera le tout sous cadenas, les pauvres resteront pauvres et les riches : riches. Bien-sur, on feindra la possibilité de devenir riche, en rendant riche certains pauvres. Bien-sûr, pauvres bien conformes à une certaine image que l'on se fait de la réussite, la beauté physique pourra y jouer, le talent crédule aussi, bien-sur le pauvre deviendra riche, mais sans au préalable enrichir le riche, bien évidemment. Puis ainsi, nous créeront le rêve parmi la masse, afin de la dissuader de toute forme de révolte, de l'indignation, propre à leur condition de privation matérielle, de privation d'autorité. Et vous savez comment ? En leur offrant quelque miettes illusoires de biens matériel, en leur laissant quelque miettes d'autorité. Ainsi on hiérarchise la masse, on l'individualise, en plus ou moins pauvre, le plus pauvre étant celui qui n'a rien, ni bien, ni autorité sur personne, et le moins pauvre des pauvres, se sentira lui puissant, fort, fort de sa réussite dans la société, pire : dans la vie, alors qu'il ne sera que vulgaire pion sur notre échiquier. Puis l'on créera le média, support pour notre nouveau monde d'artifice, que l'on offrira sur un plateau d'argent au Peuple. L'illusion toujours comme base. Et toujours cette même idée, l'art de se faire passer pour un autre. Tout est lié. Tout se relie. Les émeutes de la faim au c½ur du tiers-monde à la flambée des prix de la matière première, l'enrichissement des grandes multinationales pétrolières au monopole du nucléaire, à la pollution de la planète, la qualité merdique de la nourriture fast-food à la sur-exploitation des populations les plus miséreuses.
Je suis le grand régulateur. Je calme le flux. Je dicte l'ordre mondial, en en imposant le désordre. Illusion de normalité, alors que sous nos yeux tout n'est que chaos informe. Mais je régule, c'est mon travail après tout, je régule par la Loi, la justice, je dis le crime c'est mal, mais par ailleurs je favorise la criminalisation chez les plus pauvres, pour en décrédibiliser la fureur sincère de leur revendication. Je régule par l'économie, par les médias qui influent sur les mentalités, j'ai ainsi créée l'opinion public, sorte de pouvoir inexistant, insaisissable, je régule par les politiques, ces pantins désarticulés de toute humanité. Je suis le grand cynique, et je vous baise sans capotes et vous remercie pour votre naïve soumission. Bonsoir. Et n'oubliez surtout pas d'acheter votre journal demain-matin, puis votre baguette bien-sûr, et tiens pourquoi ce soir vous ne sortiriez pas hein ? Sortez donc, buvez, chercher donc l'Amour, il parait que vous y croyez encore vous autres. Longue-vie à vous, et merci encore pour votre confiance aveugle.

# Posté le mardi 08 juillet 2008 12:30

Modifié le mardi 08 juillet 2008 12:42